Les TUAC Canada réclament l'interdiction de la tarification par surveillance
Toronto (Ont.) – Le 21 avril 2026 – Les TUAC Canada demandent à tous les paliers de gouvernement d'interdire le recours à la tarification par surveillance abusive dans le secteur de la vente au détail, alors que de plus en plus d'éléments indiquent que les grandes chaînes alimentaires multinationales utilisent l'intelligence artificielle pour manipuler discrètement les prix.
Aux États-Unis, il a été démontré que des entreprises telles qu’Instacart et Walmart utilisent des systèmes algorithmiques basés sur l’IA qui ajustent les prix en fonction du comportement, de la localisation et de l’historique d’achat des client(e)s. Cette pratique, connue sous le nom de « tarification par surveillance », est très sophistiquée, largement invisible pour les consommateur(rice)s et actuellement non réglementée au Canada.
La tarification par surveillance ne se limite pas aux achats en ligne. Si les plateformes de commerce électronique peuvent cibler directement les individus, des technologies sont également déployées en magasin. Les étiquettes de rayon numériques ou « intelligentes » permettent aux détaillants de modifier les prix instantanément en fonction de facteurs tels que l’heure de la journée, la demande ou les événements locaux. Il en résulte un système de tarification qui manque de transparence et de cohérence, laissant les consommateur(trice)s dans l’ignorance quant à la manière dont les prix sont déterminés ou au moment où ils sont modifiés.
Des enquêtes menées par des organisations telles que Consumer Reports ont révélé que de grands détaillants, notamment Instacart, Walmart, Costco et Amazon, recourent à ces tactiques. Comme bon nombre de ces mêmes entreprises opèrent au Canada, on craint de plus en plus que ces pratiques n’affectent déjà les consommateur(trice)s canadien(ne)s.
« Les Canadien(ne)s sont déjà aux prises avec un coût de la vie élevé. La dernière chose dont ils ont besoin, ce sont des systèmes de tarification cachés conçus pour leur faire payer plus cher en fonction de leur comportement », déclare Barry Sawyer, président national des TUAC Canada. « La tarification par surveillance n’est pas une innovation. C’est de l’exploitation, et elle n’a pas sa place dans la façon dont les Canadien(ne)s font leurs achats et vivent. »
Les membres des TUAC Canada travaillant dans le secteur de l’alimentation constatent cet impact de première main, qu’il s’agisse de l’évolution rapide des prix en rayon ou de la frustration croissante des client(e)s à la caisse. Alors que les pressions sur le pouvoir d’achat ne cessent de s’accentuer, la tarification par surveillance risque de faire grimper les coûts encore davantage, de manière à la fois cachée et injuste.
Certaines juridictions aux États-Unis ont commencé à adopter des lois pour freiner ces pratiques, et un élan se développe au Canada. Le Manitoba a déjà présenté un projet de loi visant à lutter contre la tarification par surveillance, soulignant la nécessité d’une action plus large à l’échelle du pays. Il convient de noter que le Nouveau Parti démocratique fédéral est le seul parti national à dénoncer activement cette pratique, exhortant les Canadien(ne)s à la rejeter par le biais d’une campagne publique visant à interdire la tarification par surveillance.
Les TUAC Canada exhortent le gouvernement fédéral, en collaboration avec ses partenaires provinciaux et territoriaux, à mettre en œuvre une réglementation claire pour interdire la tarification par surveillance. La technologie dans le commerce de détail devrait servir à améliorer le service, et non à manipuler ou à exploiter les consommateur(trice)s.

